Puces et tiques en hiver : un risque toujours présent
Les températures sont encore fraîches en février, les plaids sont toujours de sortie et nos compagnons à quatre pattes profitent du confort de la maison…
Mais saviez-vous que l’hiver n’est plus synonyme de répit contre les parasites ?
Durant cette période, les puces et les tiques continuent de menacer la santé de votre chien ou de votre chat. La saisonnalité du traitement antiparasitaire externe (APE) n’est aujourd’hui plus aussi évidente qu’autrefois.
Pourquoi les puces restent actives en hiver ?
Contrairement aux idées reçues, les puces en hiver ne disparaissent pas. Plusieurs facteurs expliquent leur présence quasi permanente.
1/ Les maisons chauffées favorisent leur cycle de vie
En hiver, nos habitations sont chauffées en moyenne autour de 19 °C. À cette température, les puces peuvent réaliser leur cycle de vie en 30 jours environ.
Lorsque la température atteint 27 °C, conditions idéales pour leur développement, le cycle complet de l’œuf à l’adulte, (œuf, larve, nymphe, adulte) s’accélère et nécessite seulement 15 à 16 jours. Un intérieur chauffé suffit donc à ces parasites de se développer toute l’année, même si votre animal sort peu.
2/ Des hivers plus doux
Le réchauffement climatique entraîne des périodes froides moins longues et moins intenses.
Les phases de gel prolongé sont moins fréquentes, ce qui favorise le maintien des puces et des tiques dans l’environnement. Ils survivent ainsi plus facilement en extérieur.
3/ Des animaux en quête de chaleur
Radiateurs, tapis, couvertures, paniers… Ces zones chaudes constituent un environnement idéal pour le développement des œufs et des larves de puces.
Les tiques chez le chien : un risque hivernal réel
Les tiques ne disparaissent pas totalement pendant la saison froide. Leur activité peut ralentir, mais elle ne s’interrompt pas nécessairement.
Certaines espèces, notamment Dermacentor reticulatus, appelée tique du chien, restent actives lorsque les températures sont clémentes. Elles peuvent transmettre différentes maladies chez le chien, comme la babésiose, l’ehrlichiose, la borréliose ou encore la leishmaniose selon les régions.
La babésiose, par exemple, est une infection sanguine qui détruit les globules rouges et peut entraîner un état grave si elle n’est pas prise en charge rapidement.
Quels sont les risques en cas d’arrêt du traitement antiparasitaire ?
Interrompre le traitement antiparasitaire du chien ou du chat en hiver peut avoir plusieurs conséquences :
Démangeaisons et irritations cutanées
Dermatite allergique aux piqûres de puces (DAPP)
Fièvre et anémie liées aux piqûres répétées
Transmission de maladies infectieuses et parasitaires par les tiques et les puces
Par ailleurs, une infestation hivernale non détectée peut s’installer dans l’environnement domestique (tapis, paniers, moquettes) et devenir massive au printemps.
Comment protéger son animal toute l’année ?
La protection contre les puces et les tiques ne devrait plus être limitée aux beaux jours. L’ESCCAP1recommande de contrôler et traiter les puces et tiques tout au long de l’année, sans pause hivernale.
Un contrôle régulier du pelage de votre animal, notamment après les sorties, et une surveillance de l’apparition de démangeaisons ou de lésions cutanées sont indispensables.
Le rôle clé du vétérinaire
Chaque animal a un mode de vie différent : accès extérieur, vie en collectivité, région à risque… Votre vétérinaire est là pour vous aider à choisir le traitement le plus adapté à la saison et au mode de vie de votre animal.
En hiver comme en été, la vigilance reste de mise. Maintenir une protection antiparasitaire régulière tout au long de l’année est la meilleure façon de protéger durablement votre compagnon.
1. European Scientific Counsel Companion Animal Parasites